Quand l’énergie brute du hip-hop de Dakar rencontre les rythmes fiévreux de l’Amapiano, la scène tremble. Lors de l’édition 2025 du festival Nancy Jazz Pulsations, j’ai eu la chance de me glisser dans le crash barrière pour capturer le show électrique de Def Mama Def. Entre les voix puissantes de Defa et le flow percutant de Mamy Victory, ce live a offert un instant de transe visuelle et sonore totale. Retour en images et en sensations sur l’un des concerts les plus marquants de cette année, immortalisé à travers mon objectif au cœur de la nuit nancéienne.
L’onde de choc de Dakar #
En me positionnant devant la scène du Magic Mirrors, je savais que le choc visuel serait à la hauteur du choc sonore. Le duo sénégalais Def Mama Def incarne aujourd’hui la pointe de l’afrofuturisme musical. Révélées au grand public par des collaborations marquantes et une présence scénique incendiaire, Defa et Mamy Victory fusionnent la culture wolof avec les beats électroniques les plus contemporains. Leur trajectoire fulgurante, des clubs de Dakar aux plus grands festivals européens, témoigne de la puissance universelle de leur message. Derrière mon objectif, j’ai tout de suite cherché à capter cette complicité fusionnelle qui unit la fluidité mélodique de la chanteuse R&B et la force brute de la rappeuse. Une véritable masterclass de sororité artistique.
Embraser le dancefloor nancéien #
Photographier ce live, c’était accepter de suivre un rythme effréné. Dès les premières notes de leurs titres phares comme « Plus fort » ou l’explosif « Champion », la connexion avec le public nancéien a été instantanée. Les basses lourdes, teintées de techno et d’amapiano, faisaient vibrer les boiseries du chapiteau tandis que les jeux de lumière saturaient mon viseur de teintes chaudes et vibrantes. Chaque morceau est une invitation à la danse, mais aussi un manifeste féministe et social puissant. J’ai guetté ces fractions de seconde où le mouvement s’aligne avec l’intensité du regard, figeant des instants de pure transe. Au moment où le set s’est achevé, le Magic Mirrors était en sueur, et ma carte mémoire pleine d’une énergie brute.
Un mot sur le Festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.
Pour la partie technique
Travailler au Magic Mirrors impose des conditions de prise de vue radicalement différentes des scènes traditionnelles. Cette structure temporaire offre une proximité brute et unique, puisqu’aucun crash barrière ne sépare le photographe de la scène ou des spectateurs. Faire un reportage ici, c’est accepter d’être immergé au cœur de la foule, de vibrer au rythme de son énergie et de composer avec les bousculades inhérentes à la ferveur du public. La gestion technique doit être instinctive, car les concerts se déroulent principalement dans l’obscurité, entre minuit et 4 heures du matin. Dans cette ambiance nocturne survoltée, sans zone de sécurité protégée, la réactivité est totale pour capter l’intensité des performances tout en protégeant son matériel au milieu du mouvement.












