Dans le cadre brut et survolté du Magic Mirror au NJP 2018, la formation Parquet a asséné sa musique répétitive et organique. Retour en images sur un reportage de terrain ancré dans la vitesse d’exécution, la pénombre du parquet et la transe mécanique du sextet.
Transe mécanique et impact visuel
L’installation du sextet Parquet sous la structure en bois du Magic mirror pour cette quarante-cinquième édition du Nancy Jazz Pulsations a immédiatement imposé une dynamique de prise de vue d’une extrême rigueur. Travailler sur ce plateau circulaire face à une formation qui fusionne l’urgence du rock indépendant et la scansion mathématique de la musique électronique demande une adaptation constante du boîtier. Pour documenter la frappe synchronisée des deux batteries et les motifs répétitifs des synthétiseurs, ma position en bord de parterre exigeait une attention soutenue face aux variations brutales de la régie lumière. Les stroboscopes rasants et les douches d’un jaune saturé découpaient les visages des musiciens avec un contraste saisissant sur l’arrière-plan obscur du chapiteau. En sélectionnant des focales fixes très lumineuses calées à grande ouverture, j’ai pu maintenir un piqué irréprochable sur les mouvements de baguettes, le grain des fûts et la tension des corps en plein effort. Cette première série de clichés met à l’honneur l’architecture visuelle du groupe, restituant la cadence millimétrée et la rectitude géométrique qui ont caractérisé l’ouverture de leur set nancéien.
Émulsion brute au bord du parquet
Au fur et à mesure que les vagues sonores se propageaient sous la toiture du Magic mirror, la proximité directe entre les amplificateurs et la masse des festivaliers a généré une matière photographique d’une densité exceptionnelle. Ma stratégie de cadrage s’est appuyée sur une alternance méthodique entre des compositions très serrées axées sur le travail des mains le long des manches de basse et des plans plus larges au grand-angle. Ces vues ouvertes permettent d’intégrer les miroirs biseautés du lieu, la vapeur de scène traversée par les faisceaux de poursuite et l’onde de choc physique qui traversait l’assemblée. En renonçant à tout éclairage d’appoint pour préserver l’authenticité de la création lumineuse originale, le capteur a enregistré la fidélité des teintes ambrées et les reflets métalliques du matériel. Les déclenchements se sont calés sur les montées en tension et les ruptures de rythme, capturant l’énergie communicative insufflée par la formation jusqu’aux derniers instants de la prestation. Cette seconde partie de galerie vient conclure une couverture terrain complète, équilibrée et fidèle à l’exigence plastique de cette nuit marquante de l’édition 2018.
À découvrir en Vidéo
Parquet est le fantasme d’un projet, celui de faire transpirer le public sur le dancefloor, toujours à l’écoute des réactions de celui-ci et du juste moment. Le quintet électrique instrumental lyonnais composé de Sebastien Brun, Julien Desprez, Guillaume Magne, Clément Edouard et Jean-François Riffaud propose une expérience corporelle et sensorielle.
Source : Nancy Jazz Pulsations
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











