Dans la configuration assise et distancée imposée par le protocole sanitaire de l’automne 2020, Demi Portion a investi le plateau de la Pépinière avec un hip-hop généreux. Un reportage de terrain capturé au plus près des planches, documentant l’échange direct entre le micro du Sétois et un parterre masqué mais réactif.
Le hip-hop face à la distance
L’installation de Demi Portion sur le plateau monté au Parc de la Pépinière pour cette édition 2020 du festival Nancy Jazz Pulsations s’est faite dans un contexte hautement singulier. Marquée par les restrictions sanitaires de cette période, la configuration du lieu imposait une jauge assise et espacée, modifiant en profondeur le rapport habituel entre l’artiste et son public. Travailler depuis le crash barrière face à cette scène réduite exigeait une lecture attentive des déplacements du rappeur sétois pour compenser l’immobilité forcée des premiers rangs. L’éclairage de la régie, structuré par des douches de lumière ambrée et des projeteurs arrières rasant le sol, isolait sa silhouette avec un contraste appuyé sur l’arrière-plan sombre. En sélectionnant des focales fixes très lumineuses calées à grande ouverture, j’ai pu maintenir une netteté rigoureuse sur le visage, le micro et la gestuelle expressive de l’interprète. La mesure d’exposition, ajustée avec soin sur les teintes de peau sous les poursuites, garantit un rendu précis des textiles et du matériel sans saturer les hautes lumières. Cette première série de visuels enregistre l’attaque du set avec une sobriété géométrique, restituant la présence physique d’un MC rompu à l’exercice de la scène.
L’authenticité verbale sous les spots
Au fil du déroulé des morceaux et des échanges entre les platines et le micro, la proximité maintenue par Demi Portion a fourni une matière photographique d’une grande densité. Pour rendre compte de l’atmosphère particulière de ce concert en jauge réduite sous le grand Chapiteau, ma stratégie de cadrage s’est appuyée sur une alternance méthodique entre des portraits serrés et des compos plus ouvertes au grand-angle. Ces prises de vue plus larges permettent d’intégrer le décor épuré de la scène, l’alignement des retours de scène et les rangs de spectateurs masqués mais attentifs qui scandaient les refrains. L’absence totale d’éclairage d’appoint direct préserve la fidélité de la création lumineuse d’origine, laissant le capteur enregistrer la vapeur des fumigènes traversée par les projecteurs et les reflets sur le matériel du DJ. Les déclenchements se sont synchronisés sur les temps forts de sa scansion, ses sourires complices adressés au premier rang et ses postures ancrées au centre du plateau. La sélection finale compose une chronique visuelle équilibrée et rigoureuse, offrant un ensemble d’images d’un piqué irréprochable, témoins fidèles de la générosité déployée lors de cette nuit si particulière du festival nancéien.
Avec un tel pseudonyme, Demi Portion, ne se prend pas au sérieux et se décrit lui-même comme l’avorton du hip-hop français. Un hip-hop qui n’a pas de frontières, qui n’a pas de case tant sa musique est inclassable, un hip-hop de partage et de transmission. Qui peut se targuer d’avoir collaboré avec IAM, Oxmo Puccino, Kery James, la Fonky Family ou encore Disiz ? Ce jeune rappeur est sans conteste dans la catégorie poids lourd !
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











