Le 22 mars 2024, le Gymnase Jacques Jeanblanc de Nancy accueillait La Saga de Molière par la Compagnie Les Estivants dans le cadre de la 3e édition du festival Micropolis, un spectacle de tréteaux rythmé et immersif.
Le festival Micropolis 2024
Du 21 au 24 mars 2024, la troisième édition du festival Micropolis a investi la ville de Nancy pour présenter des formes théâtrales ancrées dans les espaces du quotidien. C’est dans cette dynamique que s’est tenue la représentation de La Saga de Molière, écrite et mise en scène par Johana Giacardi pour la Compagnie Les Estivants, au sein du Gymnase Jacques Jeanblanc. L’appropriation d’un plateau sportif non équipé pour en faire un lieu d’expression scénique exige des choix techniques clairs pour la prise de vue : l’absence d’un gril traditionnel impose de s’adapter à un éclairage plus brut et à des angles de champ larges. Dès l’entrée du public nancéien dans les gradins temporaires, l’ambiance s’est révélée particulièrement vivante, portée par un espace de jeu à hauteur d’homme qui supprimait toute séparation physique avec la salle. Travailler sur ce terrain m’a demandé une mobilité constante sur les flancs du gymnase pour intégrer la foule dans mes arrière-plans sans gêner le champ de vision des spectateurs. Les cinq comédiennes ont entamé la pièce devant des gradins complets, instaurant un rythme soutenu au fil des digressions et des interactions avec le parterre. La série photographique documente l’organisation du plateau, l’intégration des éléments de décor mobiles et l’atmosphère immersive propre aux rendez-vous du festival.
La Saga de Molière
Sur le plateau, la proposition artistique repose sur les codes du théâtre de tréteaux, caractérisé par un matériel scénique minimaliste, des changements de costumes à vue et une proximité constante avec le premier rang. Pour restituer le rythme très rapide imposé par les cinq comédiennes, j’ai maintenu une vitesse d’obturation constante à 1/400e de seconde, garantissant la netteté des visages malgré des déplacements ininterrompus et des gestes d’une grande amplitude. La régie lumière a fonctionné avec des faisceaux fixes et des douches blanches très dirigées, générant des zones de fort contraste entre le centre de la scène et la pénombre du gymnase. J’ai sélectionné un objectif de 35 mm à grande ouverture (f/1.8) afin d’isoler les attitudes de jeu tout en préservant le grain des textiles et l’utilisation des accessoires sur le plateau. Les cadrages en contre-plongée ont permis de détacher les silhouettes sur les structures métalliques environnantes, accentuant la présence physique des interprètes lors des ruptures de ton et des adresses directes au public. La galerie d’images sélectionnée rend compte de cette mécanique scénique rigoureuse, en combinant des plans d’ensemble sur le dispositif de tréteaux et des plans resserrés sur les expressions des comédiennes.











