Sur les planches du Théâtre de la Manufacture au NJP 2020, la saxophoniste Sophie Alour a croisé jazz oriental et volées de cuivre. Retour en images sur une prise de vue rigoureuse au plus près du proscenium, sculptée par les éclairages feutrés du théâtre nancéien.
Épure acoustique à la Manufacture
L’installation de Sophie Alour sur le plateau du Théâtre de la Manufacture lors de cette édition 2020 du festival Nancy Jazz Pulsations installe immédiatement un protocole visuel fondé sur la clarté des lignes et l’élégance du placement. Accompagnée par ses musiciens entre sonorités orientales et jazz contemporain, la saxophoniste alterne avec aisance entre le cuivre et la flûte traversière. Positionné au pied de la scène, mon travail de prise de vue s’est calé sur la précision de ses gestes et l’inclinaison du pavillon sous les spots. L’éclairage du théâtre, composé de douches chaudes et de projecteurs de découpe très ciblés, découpait les silhouettes des instrumentistes avec une netteté chirurgicale sur le fond sombre de la salle. En travaillant avec des focales fixes très lumineuses calées à grande ouverture, j’ai pu isoler la tension des doigts le long des clés sans altérer la sobriété de la mise en scène. La mesure d’exposition, ajustée avec soin sur les teintes de peau et le métal brossé des instruments, évite tout suréclat. Cette première série de visuels enregistre l’ouverture du set avec une rigueur géométrique, offrant des compositions épurées, structurées et parfaitement représentatives de la tenue scénique observée lors de cette nuit nancéienne.
Nuances visuelles et rigueur scénique
Au fil de l’enchaînement des compositions sur les planches du Théâtre de la Manufacture, le dialogue subtil entre le saxophone, la guitare et la section rythmique a fourni une matière photographique d’une richesse exceptionnelle. Ma présence le long du premier rang a permis de varier les axes avec méthode, oscillant entre des portraits serrés sur le travail du souffle et des compositions moyennes englobant l’ensemble de la formation. L’absence de fumée scénique excessive dans ce cadre théâtral offre des contours d’une grande clarté, laissant le boîtier enregistrer la texture des tenues, le grain du bois de la contrebasse et les reflets dorés des cuivres sous les spots arrières. Chaque déclenchement s’est ajusté aux silences, aux phases d’improvisation et aux échanges de regards complices entre les interprètes, restituant la fluidité de leur jeu d’ensemble. Sans recourir au moindre éclairage d’appoint direct afin de respecter l’ambiance originale préparée par la régie du festival, le capteur saisit avec neutralité l’atmosphère feutrée de cette soirée de 2020. La galerie finale constitue une chronique de terrain complète et équilibrée, livrant une série d’images d’un piqué irréprochable, structurées et fidèles à la finesse musicale déployée devant le public du Nancy Jazz Pulsations.
À découvrir en Vidéo
Avec son nouvel album Joy, la saxophoniste Sophie Alour se libère des conventions esthétiques du jazz et enrichit sa palette sonore d’influences orientales par l’apport du oud, instrument millénaire « qui met l’âme en vibration avec un autre monde ». Sa musique chemine ainsi au confluent de deux cultures, entre jazz épuré et Orient poétique, avec un goût affirmé pour l’improvisation et les grands espaces. Magique.
Nancy Jazz Pulsations
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











