Sous les moulures et les dorures de la Salle Poirel au NJP 2024, Marion Rampal a déployé son jazz teinté de blues et de folk poétique. Retour en images sur une prise de vue de terrain au bord des planches, sculptée par les nuances de voix, la précision des acoustiques et l’écoute attentive de la salle nancéienne.
Nuances vocales sous les dorures
L’installation de Marion Rampal sur les planches de la Salle Poirel pour cette cinquante-et-unième édition du festival Nancy Jazz Pulsations a immédiatement imposé un protocole de prise de vue axé sur la retenue et la lisibilité des compositions. Venant présenter son répertoire aux frontières du jazz, du blues et de la chanson poétique, la chanteuse a déployé un timbre chaleureux et une présence d’une grande sobriété. Positionné au bas de l’avant-scène, mon travail de cadrage s’est concentré sur l’alignement rigoureux des axes pour isoler la finesse de ses postures et la fluidité des interactions avec ses musiciens. La régie lumière avait habillé le plateau de douches ambrées très rasantes et de projecteurs de découpe sélectifs qui détachaient sa silhouette avec une clarté géométrique sur le fond obscur du théâtre. En travaillant avec des focales fixes très lumineuses calées à grande ouverture, j’ai pu maintenir une netteté chirurgicale sur le grain des textiles, la tension des mains autour du micro et la franchise de ses expressions saisies sous les projecteurs de poursuite. La mesure d’exposition, ajustée au millimètre sur les carnations, évite toute saturation des hautes lumières tout en préservant la lisibilité des zones d’ombre. Cette première série de visuels enregistre l’ouverture du récital avec une rigueur optique constante, offrant des compositions équilibrées, découpées et fidèles à la qualité acoustique observée depuis le premier rang nancéien.
Équilibre acoustique et complicité scénique
Au fil des morceaux et des dialogues subtils entre la voix, le piano et les instruments à cordes, la dynamique du groupe a fourni une matière photographique d’une densité remarquable. Pour traduire la résonance acoustique et l’atmosphère intimiste du concert dans le cadre d’époque de la Salle Poirel, ma stratégie de composition s’est appuyée sur des variations de focalisation très méthodiques, oscillant entre des portraits serrés traduisant l’effort du souffle et des prises de vue plus ouvertes réalisées au grand-angle. Ces cadrages larges permettent d’englober le volume scénique du lieu, les moulures historiques éclairées par la régie et la pénombre naturelle qui enveloppait les rangs de spectateurs captivés. L’absence totale d’éclairage d’appoint direct préserve la vérité de la création lumineuse d’origine, laissant le boîtier enregistrer le vernis des instruments en bois, la brillance des éléments métalliques et la profondeur des teintes chaudes du plateau. Chaque déclenchement s’est synchronisé sur les silences suspendus entre deux phrases, les relances harmoniques et les saluts chaleureux adressés au public de la cité ducale. La sélection finale compose une chronique de terrain complète et structurée, livrant un ensemble de clichés au piqué irréprochable, témoins de cette nuit marquante de l’édition 2024 du festival.
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











