Placé en avant-scène pour tenir le chant et le rythme, le batteur de Tortured Soul a mené un set house-soul de bout en bout sous le Chapiteau de la Pépinière au NJP 2018. Retour sur un reportage exceptionnellement autorisé sur l’intégralité du concert.
Batteur-chanteur installé en avant-scène #
L’installation du trio américain Tortured Soul sur le plateau du Chapiteau de la Pépinière, lors de cette édition 2018 du festival Nancy Jazz Pulsations, présentait une configuration scénique particulièrement inhabituelle pour le photographe de parterre. La disposition du kit de batterie, avancé au premier plan au lieu d’être relégué dans le fond du plateau, répondait à la double fonction de Christian Urich, à la fois batteur d’une précision métronomique et chanteur leader de la formation. Cette implantation frontale m’a offert des axes de prise de vue directs sur le jeu de baguettes et l’effort vocal, rappelant les dispositifs scéniques de figures comme Phil Collins. Bénéficiant de l’autorisation rare de documenter la prestation dans sa totalité, de l’ouverture aux derniers rappels, j’ai pu construire une couverture photographique exhaustive sans subir la contrainte habituelle des trois premiers morceaux. La régie lumière avait habillé l’avant-scène avec des douches blanches et ambrées très denses qui isolaient les fûts et la quincaillerie des cymbales sur le fond obscur de la structure. En travaillant avec des focales fixes très lumineuses réglées à grande ouverture, le boîtier enregistre une netteté chirurgicale sur les micro-mouvements des bras, les vibrations des peaux et les réflexions du laiton sous l’éclairage direct. La mesure d’exposition, ajustée avec soin sur les teintes de peau sous les projecteurs de découpe, évite toute brûlure des hautes lumières tout en révélant la texture du matériel audio environnant.
Couverture intégrale d’un groove house #
La durée prolongée de ce reportage sous le Chapiteau de la Pépinière m’a permis d’explorer l’ensemble des variations dynamiques qui ont rythmé la prestation de Tortured Soul. Au-delà des plans serrés centrés sur la virtuosité du batteur-chanteur, ma stratégie de composition s’est appuyée sur une observation rigoureuse des claviers et de la basse électrique qui complétaient la section rythmique. L’opportunité de couvrir le concert de A à Z offre une variété de cadrages précieuse, permettant de traduire les évolutions de l’éclairage scénique au fil des morceaux, des séquences intimistes éclairées par de simples douches sélectives jusqu’aux montées en puissance house-soul balayées par des stroboscopes froids. En naviguant le long des barrières de sécurité, j’ai alterné entre des focales moyennes pour isoler les interactions entre les musiciens et des prises de vue très larges réalisées au grand-angle. Ces cadrages ouverts englobent toute la hauteur de la charpente métallique du festival, l’alignement des enceintes de façade et la densité du public nancéien réuni sous la toile. L’absence totale d’éclairage d’appoint préserve l’authenticité de la direction artistique d’origine, laissant le boîtier enregistrer les faisceaux de balayage traversant la vapeur des fumigènes. La sélection finale compose une chronique de terrain complète, livrant un ensemble de clichés au piqué irréprochable, témoins de l’énergie physique et de la rigueur musicale déployées tout au long de cette soirée marquant l’édition 2018 du festival.
Tortured soul – La voix du rythme ! #
Depuis sa création en 2001 à Brooklyn, la réputation et les projets de Tortured Soul n’ont cessé de se développer. Malgré des styles et des horizons bien différents, les trois musiciens, le compositeur, chanteur et batteur John-Christian Urich, le bassiste Jordan Scannella et le claviériste Isamu MacGregor, sont unis sous un même crédo axé sur le groove et influencés par les classiques de Prince, Heatwave et Kool & The Gang.
Source : NJP
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











