Dans l’écrin feutré de la Salle Poirel au NJP 2019, Keren Ann a distillé un répertoire aux accents folk et texans. Retour en images sur un travail de prise de vue exigeant, où la sobriété de la scène et la rigueur des éclairages ont guidé la composition.
Esthétique texane dans l’écrin Poirel
Dans le cadre intimiste de la Salle Poirel de Nancy pour cette édition 2019 du festival Nancy Jazz Pulsations, l’univers de Keren Ann s’est décliné sur une teinte mélancolique aux accents américains très marqués. Si le répertoire musical de la soirée versait dans une gravité parfois sombre, mon attention de photographe de reportage s‘est immédiatement portée sur la dimension esthétique du plateau. L’artiste s’inscrit dans un univers visuel fortement teinté d’influences folk et texanes, offrant une matière graphique particulièrement riche à documenter depuis le parterre. Pour traiter cette scénographie minimaliste, j’ai sélectionné des focales fixes très lumineuses calées à grande ouverture afin de saisir la finesse des ombres et la sobriété des postures. La gestion de l’exposition a exigé un calibrage fin pour préserver la lisibilité de la guitare acoustique, le grain du bois et la texture des éclairages latéraux. Chaque cadrage s’est appliqué à retranscrire cet ancrage nord-américain, transformant une atmosphère musicale feutrée en une série d’images d’une grande rigueur plastique.
Lumières ciblées et précision du portrait
Sur le plan purement technique, le travail de prise de vue à la Salle Poirel de Nancy a offert des opportunités d’une précision remarquable. L’éclairage de scène, conçu avec des découpes nettes et des faisceaux latéraux ambrés, découpait la silhouette de Keren Ann avec une clarté chirurgicale sur le fond obscur du théâtre nancéien. En choisissant d’ajuster le boîtier sur les nuances de peau et l’éclat métallique du microphone, le reportage met en valeur l’élégance sobre de l’interprète et la géométrie des faisceaux. L’absence de mouvements désordonnés sur le plateau a permis un travail de composition rigoureux, privilégiant des cadrages serrés axés sur la tension des mains sur les cordes et les déclinaisons de lumière rasante. L’environnement visuel, empreint d’une sobriété revendiquée, ressort avec une grande netteté sur chaque cliché de cette galerie. Cette approche photographique restitue avec neutralité le caractère intimiste de cette prestation du festival NJP 2019, livrant un ensemble d’images d’un piqué exceptionnel et parfaitement équilibrées.
À découvrir en vidéo
Dans Bleue, Keren Ann parle d’amour, de la perte et du questionnement lié au sentiment amoureux. Elle est loin d’oublier ses racines pop, parfois folk, mais donne une couleur très mélancolique à sa musique. Ainsi, celle qui est influencée par Serge Gainsbourg, sait se renouveler : elle se (re)met à chanter en français dans cet album riche en métaphores. Envoûtante, elle porte des émotions simples et fortes, parfois même violentes dans la pureté de sa voix et ses arrangements parfaitement dosés. Pour cet album, elle propose un duo inédit avec David Byrne des Talking Heads, où le texte en français évoque des Roméo et Juliette modernes dans Le Goût d’Inachevé.
Nancy Jazz Pulsations
A découvrir en images
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











