Positionné au bord du bassin sur la scène flottante du Jardin du Michel 2019, j’ai suivi la frappe organique et l’électro survoltée d’Axmos. Retour sur une prise de vue au ras des fûts, sculpteuse de mouvement et ancrée dans l’intensité d’un producteur-batteur hors norme.
Impact rythmique sur la scène flottante
L’installation du matériel d’Axmos sur la scène flottante du Jardin du Michel pour cette édition 2019 à Toul imposait une approche photographique très physique, au plus près des éléments. Placé au bord de la structure avec un recul restreint, mon travail de cadrage s’est ajusté à la double casquette de cet artiste, à la fois producteur de musique électronique et batteur de premier ordre. Pour enregistrer la vitesse d’exécution de sa frappe sur les cymbales et les fûts, j’ai sélectionné des focales fixes à grande ouverture permettant de découper sa silhouette sur l’arrière-plan végétal et l’eau du bassin. Les découpes de projecteurs rasants installés par la régie créaient des reflets intenses sur les chromes des pieds de cymbales et les façades des machines. La mesure d’exposition, ajustée avec précision sur les carnations sous les spots de poursuite, évite toute saturation des hautes lumières lors des montées de tempo. Cette première série visuelle retrace l’attaque du set, offrant des compositions serrées, nerveuses et fidèles au jeu athlétique déployé dès les premières mesures.
Ferveur électro et proximité du parterre
Au fur et à mesure que la bass-music et les séquences synthétiques d’Axmos faisaient vibrer le plan d’eau du Jardin du Michel, la synergie directe entre le plateau et les festivaliers massés sur la berge a fourni une matière visuelle d’une densité remarquable. Ma position le long des crashs barrières m’a permis d’alterner les axes avec méthode, oscillant entre des portraits resserrés sur les expressions habitées du musicien et des compositions plus ouvertes au grand-angle. Ces cadrages larges intègrent les projections de lumière se répercutant sur la surface de l’eau, les bras levés du public toulois et la configuration singulière de cette scène flottante. Sans recourir au moindre éclairage d’appoint direct afin de préserver l’authenticité de la création lumineuse originale, le capteur enregistre la vapeur de scène balayée par les stroboscopes froids et la dynamique du jeu de scène. Les déclenchements se sont synchronisés sur les relances de baguettes, les frappes de kick et les saluts chaleureux adressés à la foule. La galerie finale propose une chronique terrain complète, livrant un ensemble de clichés au piqué irréprochable, structurés et représentatifs de cette prestation marquante de l’année 2019.
Producteur et batteur, Axmos est influencé par le métal depuis des années et développe actuellement son univers autour de productions Future Bass. Véritable performer, il enrichit ses sets grâce à des sonorités Dubstep puissantes et incisives qu’il agrémente de passages frénétiques à la drums. Axmos expose les deux facettes de son personnage, un côté enfantin, enjoué mais aussi une face plus sombre et agitée.
Lazintrie.fr
Presentation du festival
Créé en 2005, le festival du Jardin du Michel a su s’imposer comme un rendez-vous incontournable de la scène musicale en Lorraine. Après avoir changé de lieu à plusieurs reprises au cours de son histoire, il a trouvé son ancrage idéal à Toul. Pour un photographe accrédité, travailler sur un tel événement demande une préparation et une réactivité extrêmes.











