Quand l’urgence de la cold wave rencontre la ferveur du live, le temps s’arrête. Retour en images sur le passage électrique de Kas Product au Nancy Jazz Pulsations 2025. Entre nostalgie et modernité incandescente, le mythique duo nancéien revisité a littéralement embrasé la scène. Chronique d’une claque visuelle et sonore gravée dans le capteur.
Le grand retour de Kas Product #
Attendre ce concert relevait de la pure obsession, et le choc a été à la hauteur de mes espérances dès les premiers accords. Pionnier incontesté de la cold wave hexagonale né à Nancy, Kas Product a marqué les mémoires au début des années 80 avec son minimalisme synthétique, brut et hypnotique. Porté par la voix incandescente de Mona Soyoc et le projet « Reload » qui fait revivre leur répertoire iconique, le groupe prouve que son héritage n’a rien perdu de sa superbe. Sur scène, l’absence de Spatsz se fait ressentir dans les cœurs, mais l’énergie déployée transcende la nostalgie pour offrir une performance d’une modernité absolue. C’est cette urgence historique et cette tension électrique que j’ai voulu capturer ce soir-là, face à de véritables monuments.
Dompter le chaos de la scène #
Photographier Kas Product, c’est accepter de courir après les ombres et la fureur. Entre l’obscurité dense de la scène et les explosions soudaines de stroboscopes, le défi technique s’est révélé particulièrement exaltant. Pour figer les mouvements imprévisibles et magnétiques de Mona, mon boîtier a été poussé dans ses derniers retranchements. J’ai principalement misé sur des optiques à très grande ouverture pour isoler les expressions du visage et le grain de la peau sous la lumière crue, tout en conservant une vitesse d’obturation ultra-rapide. Face à une telle présence scénique, chaque déclenchement cherchait à retenir l’essence même du post-punk : un clair-obscur tranchant, des compositions graphiques et une communion sauvage avec le public du Chapiteau. Un moment de grâce photographique.
Un mot sur le Festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.
Pour la partie technique
Scène reine et cœur historique du festival, l’immense chapiteau du « Chap’ » impose un changement d’échelle total. Ici, le travail s’organise depuis le crash barrière, un couloir de sécurité technique qui permet aux photographes de se déplacer le long de la scène, bien que l’espace y soit rapidement restreint par la présence des équipes de sécurité et des confrères. Dans cette structure éphémère aux dimensions monumentales, l’appréhension technique dépend presque entièrement de la mise en scène de l’artiste. L’immensité des décors, le déploiement des light-shows d’envergure et la hauteur du plateau obligent à alterner constamment entre des angles au très grand angle pour restituer le gigantisme de l’événement, et des plans serrés au téléobjectif pour isoler l’artiste au milieu de cette production d’envergure.












