Sur la pelouse détrempée du parc de Madame de Graffigny à Villers-lès-Nancy, les danseurs du Ballet de Lorraine transposent leur chorégraphie DiscoFoot sur le gazon malgré les averses.
Du pavé au gazon humide
Mon travail de prise de vue pour cette nouvelle représentation de DiscoFoot par le CCN – Ballet de Lorraine s’est déplacé des pavés urbains vers la verdure du parc de Madame de Graffigny à Villers-lès-Nancy. Dès l’installation des danseurs sur la pelouse, j’ai composé mes cadres en tenant compte de la texture naturelle du terrain et de la météo incertaine qui s’invitait dans la partition chorégraphique. Malgré quelques fines gouttes de pluie qui mouillaient l’herbe et les costumes pailletés, j’ai ajusté mes vitesses d’obturation pour figer les glissades, les contrôles de balle artistiques et les passes amples exécutées directement sur le gazon. L’utilisation d’objectifs polyvalents m’a permis de suivre les déplacements rapides des interprètes tout en isolant les postures athlétiques des danseurs face aux arbres centenaires du parc. Cette configuration en plein air modifie radicalement les lignes de fuite et les appuis par rapport aux représentations sur asphalte, offrant une matière visuelle brute où la boue légère et l’humidité ambiante participent pleinement à la matérialité de ce match chorégraphique.
Performance athlétique sous la pluie
Au fil de la partie jouée sur l’herbe villaroise, j’ai maintenu un suivi constant de la chorégraphie pour consigner la précision des portés, les dribbles stylisés et la rigueur technique exigée par cette fusion entre danse contemporaine et football. Les conditions climatiques particulières, marquées par une luminosité changeante sous un ciel couvert, m’ont conduit à surveiller étroitement mes réglages d’exposition pour préserver le contraste entre les tenues colorées des artistes et le vert sombre de la pelouse. J’ai privilégié des angles en contre-plongée au ras du sol pour accentuer l’impact physique des contacts et l’effort musculaire déployé sur un terrain rendu glissant par l’humidité. Les reflets de l’eau sur les accessoires et les expressions concentrées des danseurs apportent une dimension documentaire saisissante à l’ensemble du reportage. En intégrant les réactions du public massé le long des allées et la topographie arborée du site, mes prises de vue restituent avec fidélité l’énergie de cette troupe engagée dans un espace naturel façonné pour l’exercice.











