Sur la grande scène du Chapiteau au NJP 2019, Angélique Kidjo a déployé une prestation scénique d’une puissance vocale et rythmique magistrale. Retour en images sur un reportage au plus près du proscenium, sculpté par les cuivres, les percussions afrobeats et la ferveur du public nancéien.
Puissance afropop sous le Chapiteau
L’arrivée d’Angélique Kidjo sur la grande scène du Chapiteau installé dans le parc de la Pépinière pour cette quarante-sixième édition du festival Nancy Jazz Pulsations a immédiatement imposed une dynamique de prise de vue d’une intensité remarquable. Pour documenter la prestation de la diva béninoise, couronnée de multiples Grammy Awards, mon positionnement au pied des crashs barrières exigeait un calibrage technique rigoureux face aux déplacements constants de l’artiste. La régie lumière avait déployé des découpes très franches, alternant entre des douches chaudes ambrées et des faisceaux latéraux améthyste qui découpaient sa silhouette avec un contraste saisissant sur l’arrière-plan obscur du plateau. En sélectionnant des focales fixes très lumineuses réglées à grande ouverture, j’ai pu maintenir une netteté chirurgicale sur les motifs colorés de sa tenue, le grain de sa peau et la tension de ses mouvements lors des montées vocales. La mesure de l’exposition, ajustée avec précision sur les zones de haute lumière, préserve la texture des micro-détails sans saturer sous les projecteurs de poursuite. Cette première série de clichés restitue la vigueur de l’ouverture de set, offrant des compositions équilibrées, découpées et fidèles à la précision scénique observée depuis la fosse nancéienne.
Ferveur collective et transe percussionniste
Au fur et à mesure du déroulé du concert sous la structure du grand Chapiteau, l’alchimie entre la chanteuse, ses musiciens et la jauge comble du parc de la Pépinière a généré une matière photographique d’une richesse exceptionnelle. Ma stratégie de cadrage s’est appuyée sur une alternance méthodique entre des portraits serrés capturant la passion de son interprétation et des prises de vue très larges réalisées au grand-angle. Ces compos ouvertes intègrent la charpente de la toile, les projections vidéo en fond de scène et l’océan de bras levés qui scandait les refrains polyrythmiques. L’absence totale d’éclairage d’appoint direct a permis de conserver l’authenticité de la direction artistique lumineuse, laissant le boîtier enregistrer la vapeur des fumigènes traversée par les projecteurs dorés et le brillant des cuivres. Les déclenchements se sont calés sur les frappes des percussions afrobeats, les sourires complices échangés avec les choristes et les sollicitations directes lancées vers la foule. Cette seconde partie de galerie constitue un document visuel complet, livrant une série d’images d’un piqué irréprochable, structurées et fidèles à la générosité communicative déployée lors de cette nuit mémorable de l’édition 2019 du festival Nancy Jazz Pulsations.
Angélique Kidjo grandit au Bénin, bercée par la musique salsa populaire des années 60. Elle y découvre Celia Cruz, grande chanteuse cubaine qui se démarque dans un contexte masculin. Sa filiation avec l’artiste commence de façon singulière, puisqu’elle rencontre la chanteuse avant le début de sa propre carrière, et monte sur scène à ses côtés. C’est le début d’un beau succès, avec 13 disques parus, un grand nombre de distinctions et un engagement fort pour les Béninois. Après avoir réinventé l’album Remain In Light des Talking Heads inspiré à l’origine par la musique de Fela Kuti, elle décide de réinterpréter les chansons Yoruba de Célia Cruz dans le style Afrobeat et Juju d’où elles sont originaires. Avec son nouvel album, elle reprend les chansons d’une sœur musicale d’un autre continent, que 400 ans d’esclavage avaient séparés.
Nancy Jazz Pulsations
Presentation du festival
Institution incontournable de la scène musicale lorraine, le festival Nancy Jazz Pulsations fait vibrer le cœur et le poumon de la cité ducale depuis plus de cinquante ans. Chaque année durant le mois d’octobre, l’événement métamorphose Nancy en un carrefour culturel effervescent. Si les plus grandes pointures internationales de l’histoire du jazz ont foulé ses scènes mythiques, le festival a su brillamment ouvrir ses horizons : aujourd’hui, l’ensemble des styles musicaux y trouve largement sa place, offrant un éclectisme rare où se côtoient légendes installées et révélations de la scène actuelle.











